;Ces frères qui nous ont précédés.
Il n'est pas question de reprendre ici les données historiques de notre introduction c'est bien à la première équipe de nos frères italiens, que nous devons d'être présents à Toulouse en particulier les frères Gaspard de Pavie, Emmanuel de Turin...Mais tout au long de ces quatre siècles, certains frères ont marqué l'histoire de Tolouse et de la Région, en particulier avant la Révolution et pendant ! Ils restent présents à nos mémoires.

Parce qu'ils étaient de hommes de prière, qu'ils étaient les frères de tous,
ils ont su être particulièrement attentifs aux besoins de leurs contemporains.
Témoins de cet amour dont nous sommes aimés par le Père à la manière de François.

Saint Louis d'Anjou Évêque de Toulouse

Pour avoir été le patron de notre Province et de notre couvent de Toulouse, il nous parait honnète d'évoquer en premier, ce frère Louis, petit neveu de Saint Louis Roi de France qui, envers et contre tous, avait décidé de suivre François d'Assise

Ce frère mineur que, dans les premières années de l'Ordre, le Pape Boniface avait choisi, pour en faire un Évèque de Toulouse..!

Un frère qui malgrés ses hautes responsabilitése, continuera de vivre pauvrement, et une fois Évèque..."fit faire par son secrétaire l'inventaire de ses biens et revenus, pour adopter un train de vie qui permettrait de continuer de nourrir chaque jour 25 pauvres en son palais. Il leur lavait les pieds et les servait lui même à table. Heureux de recevoir ainsi tous les jours le Christ en personne.

Il remplissait sa charge d'Évèque, comme un serviteur fidèle et prudent ...attentif à la manière de vivre des clercs et à leur savoir.." Au retour d'une mission diplomatique en Espagne, il s'arrêta auprés de son père à Brignoles, tomba malade et mourut le 19 Août 1297. Le pape Jean XXII le canonisa.

_ .

Le Père ANGE DE JOYEUSE (1563 - 1608)

Parmi les figures de Capucins qui se sont distinguées au cours des siècles il en est une, des plus originales, parmi les premières en date, depuis la fondation.

Henri de Joyeuse est né à Couiza dans l’Aude, en 1563, au château de ses parents : Guillaume vicomte de Joyeuse, lieutenant général d’Henri III en Languedoc et de Marie de Batarnay.

Il était le troisième des sept garçons de Guillaume, vicomte de Joyeuse . Il fit ses études avec deux de ses frères, François et Scipion, d’abord à Toulouse, puis au collège de Navarre à Paris.

Leur aîné, Anne devint amiral de France et François archevêque de Toulouse ( 1584-1596 ). A Paris, Henri devint l’un des “ mignons ” à la cour d’Henri III. Quand il eut 18 ans le roi le maria à Catherine de Nogaret de la Valette en 1582. D’un commun accord les époux firent le vœu qu’à la mort de l’un, le survivant se fasse religieux. De leur union naquit une fille Henriette, qui devait être l’aïeule de la Grande Mademoiselle. Elle fut mariée, en 1597, par son oncle, le Cardinal François de Joyeuse, avec Henri de Bourbon, duc de Montpensier. En 1585,agé de 16 ans et demi, il devint Gouverneur d’Anjou.

Sa femme mourut peu après et lui entra alors chez les Capucins, le 4 septembre 1587.
Il reçut le nom de frère Ange. Il avait 24 ans. Il fit profession en 1588 et partit faire ses études à Venise où il fut ordonné prêtre en 1591. Plusieurs tableaux le représentent élève attentif de Saint Laurent de Brindes. Nous le voyons sur cette fresque de Vignali, et à ici droite, interrogeant son Maître, sur le sens des Écritures. Il séjourne deux ans en Italie. De retour en France, le Fr. Ange fut nommé gardien du couvent d’Arles en 1592. Pendant ce temps la Ligue catholique guerroyait contre l’armée d’Henri de Navarre. Anne de Joyeuse, l’aîné des frères fut tué à la bataille de Coutras.

L’autre frère, Scipion, gouverneur du Languedoc, assiégeait, avec l’armée de la Ligue, une place forte Protestante, Villemur-sur-Tarn. Malgré les renforts reçus par la ville et l’avis de son frère, alors présent à Toulouse, Scipion s’obstina. Contraint de battre en retraite, il se noya dans le Tarn, le 19 octobre 1592.

Dès le 21 octobre , cédant aux instances de son frère le Cardinal, du clergé, de la noblesse et du peuple de Toulouse, le P. Ange accepta de remplacer son frère décédé. En vue des dispenses nécessaires, ce dont disputent les canonistes, le Pape Clément VIII le fait entrer dans l’Ordre de Malte, pour lui permettre de porter les armes.

 

Il est alors chef de la Ligue en Languedoc avec le titre de Gouverneur. Redevenu Duc de Joyeuse, il signe une trêve d’un an avec le duc de Montmorency, qui se disait aussi gouverneur du Languedoc, pour l’autre camp. Il négocie la paix avec les troupes d’Henri de Navarre. Après la conversion de celui-ci en janvier 1595, le Duc de Joyeuse fut maintenu lieutenant du roi, en Languedoc. Henri IV le nomma maréchal de France en 1596, Gouverneur de Narbonne et de Carcassonne.

 

Le Père Ange s’était engagé à reprendre sa vie de Capucin dès que la paix serait revenue. Sur des instances diverses, dont celle de Benoît de Canfield; il regagne le couvent de la rue Saint-Honoré en 1599. Dès lors il se comporta, en religieux Capucin, complètement détaché du monde.

Il prêcha avec un talent remarquable dans de nombreuses églises Il donna des conférences spirituelles aux bénédictines de Montmartre et aux Clarisses. Ami de Benoît de Canfield, il avait la même “ Règle de perfection ” : la volonté de Dieu. Il défendit les privilèges des religieux contre le Parlement de Paris. Il fut élu deux fois Provincial, en 1601 et en 1608.
Il veilla sur la fondation de plusieurs couvents, en particulier ceux de: Beauvais, le Mans, Alençon.
Sa charité s’exerçait surtout sur le peuple des campagnes et sur les pauvres. Il se dévoua au service des pestiférés lors de plusieurs épidémies.

Au chapitre Général de Rome en mai 1608, auquel il participait, il fut élu définiteur. Il quitta Rome, chargé par le Pape d’une mission auprès du duc de Savoie, mais il mourut au cours du voyage dans le Piémont, à Rivoli, le 28 septembre 1608. Son corps, ramené à Paris sur les ordres de sa fille, fut inhumé au couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré.

Dans la ligne spirituelle du Père Benoît de Canfield, auquel le liait une profonde amitié, il sut faire face aux graves responsabilités qu'il tenait de sa naissance, pour résoudre les problèmes de son temps. Une fois la Paix revenue, le P. Ange de Joyeuse, fut heureux de retrouver sa vocation de frère mineur, à laquelle il s'adonna tout entier, jusqu'à la fin de sa vie.

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

.. . . .
Le Père AMBROISE de LOMBEZ

AU SIÈCLE DES LUMIERES ( 1708 – 1778 )

. . Jean de Lapeyrie est né à LOMBEZ le 20 mars 1708 d’une noble famille d’Armagnac, qui comptait plusieurs membres illustres, de robe et d’épée. ll fit ses études classiques chez les Doctrinaire de Gimont. Il poursuivit ses études de théologie à l’école Saint Thomas d’Aquin à Auch.

Il se fit remarquer par son application au travail et ses talents d’exposition dans les thèses publiques. A l’âge de 16 ans il entre chez les Capucins le 25 octobre 1724 et prend le nom de Fr. Ambroise. Aussitôt après son ordination sacerdotale il est nommé directeur de l’étude de théologie au couvent de Saint-Sever.

Sa haute intelligence, sa mémoire heureuse et sa vaste érudition lui fournissent, sans notes écrites, le thème de ses enseignements. En même temps le ministère du confessionnal révèle son admirable talent pour la direction des âmes.

Ses forces ayant trahi son dévouement il est envoyé par ses supérieurs au repos, à Bagnères de Bigorre. Après avoir retrouvé rapidement la santé, il rejoint le couvent de Médoux, non loin de Bagnères. Ce fut sa résidence durant 15 ans, au service du sanctuaire de ND. de Médoux ( mellis dulcis ) qui avait été confié aux Capucins. Sa réputation dans le ministère du confessionnal, s’étendit jusqu’à la Cour, avec la reine Marie Leczinska, et même au delà, jusqu’en Amérique.

Des Chapitres Provinciaux le nommèrent Maître des Novices et Gardien du couvent d’Auch. En 1765 le Ministre Général Paul de Colindres lui confia, avec le titre de Commissaire, le soin de réformer le relâchement et les divisions qui s’étaient introduits dans la Province de Paris, cela en raison de ses qualités spirituelles. Sa bonté et son zèle ramenèrent la paix et l’esprit religieux. Durant son séjour dans la capitale, il fut aussi confesseur de la reine Marie Leczinska et des Capucines du couvent Royal de la place Vendôme. Les intrigues de Cour obtinrent du nouveau Ministre Général, Aimé de Lamballe, son renvoi en Province. A la grande satisfaction de ses confrères, qui l’ont choisi aussitôt comme Définiteur Provincial et Gardien du couvent d’Agen.

Mais Voltaire et les philosophes ne tarissaient pas de lancer des sarcasmes contre les religieux en général et les Capucins en particulier. Les Jésuites avaient déjà été chassés en 1762 et la Commission de Réguliers allait être fondée en 1766.

 

En 1769 le Père Ambroise revient à Paris, comme Délégué de la Province au Chapitre National, organisé par la Commission des Réguliers, présidée par le Cardinal Loménie de Brienne. Derrière le prétexte de la soi-disant réforme des religieux, le but inavoué était de les éliminer. La suppression des Jésuites en 1767, en était le signe avant-coureur.

Le P. Ambroise intervint vigoureusement dans les débats en 1769 et, en s’opposant aux décisions de la Commission. Ses interventions indignées ne purent que retarder le déclin des Ordre religieux. Toutefois les nouvelles Constitutions furent écartées, et les Capucins , furent le seul Ordre religieux qui se maintint en France jusqu’en 1793, dans la fidélité à leurs constitutions.

Usé par de multiples travaux apostoliques, il meurt le 25 octobre 1778, à l’âge de 70 ans, au cours d’un nouveau séjour en cure thermale à Luz-Saint-Sauveur.

Il a laissé de nombreux écrits dont le “ Traité de la Paix intérieure”, le “Traité de la Joie de l’âme” et une abondante correspondance spirituelle.
Personnellement très expérimenté dans les voies mystiques le P. Ambroise ramène toute sa doctrine spirituelle à la “ Paix intérieure”. Elle s’identifie au Royaume de Dieu en nous.

Le contenu de ses écrits et la forme littéraire très soignée lui valent d’être appelé: “Le St. François de Sales du XVIII e siècle. "Enseveli, en un premier temps, dans l'église paroissiale de Luz, en 1863 ses ossements furent trnsférée sur le plateau de Solferino au pied du mausolée et à coté de ceux d'un ermite inconnu, déjà vénéré en ces lieux.

 

Le monument sur la colline Solférino avec au loin le Viscos.
Sur le dé, on lit : "Érigé sur les ordres de Sa Majesté Napoléon III ; sur l''aiguille on lit :


"sous cette pierre reposent les restes du Vénérable Ambroise de Lombez
capucin de Saint-Sauveur
primitivement inhumés à l'entrée de la chapelle de la Vierge de Luz"

( On nous sigale une "ETUDES ASCETIQUE SUR LA VIE ET LES ECRITS DU P. AMBROISE DE LOMBEZ" écrit par LOMBEZ AMBROISE DE et édité par Forestier)
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

 


Les capucins pendant la TOURMENTE révolutionnaire

...Un chapitre pour demain..! ..L'histoire a retenu le nom de ceux qui sont morts sur les pontons de Rochefort ou dans quelques autres prisons..Un certain nombre ont réussi à se réfugier en Espagne...Mais il y eut aussi ceux qui ont réussi à continuer leur ministère, dans la clandestinité, cachés le jour dans des forêts, dissimulés sous des habits d'emprunt..

le Père Joseph de Lahitte fut l'un d'entre eux . Nous pensons, d'ici peu vous en conter l'histoire.

Mais, une fois la tourmente passée, il y eut toute cette génération de Capucins, contemporains du P.Marie Antoine, qui ont prêché des missions populaires dans de nombreuses paroisses rurales extrêmement pauvres. S'ils vivaient pour eux mêmes une pauvreté radicale, refusant de toucher l'argent ou de s'en servir...ils souffraient de voir la manière dont les paysans étaient exploités ...

C'est pourquoi, à la création des fraternités du Tiers Ordre, qui répondaient à leurs besoins spirituels, ils ajoutaient la fondation des Caisses Rurales, dont le Père Ludovic de Besse fut en France le propagateur... Quand on consulte la carte de ces Caisses que sont devenues le Crédit Mutuel, on est frappé de voir qu'en 1880, cette région de Midi Pyrenées correspond aux territoires évangélisés par les Capucins de Mont de Marsan, Bayonne et Toulouse.  
   

Aprés la Révolution, c'est un nouveau chapitre qui commence:
Crest, Marseille... et c'est de Marseille où il vient d'achever son noviciat,
que
Le Père Marie Antoine est renvoyé à Toulouse, où il est chargé de fonder un couvent, qui deviendra un Couvent d'Étude et un centre de rayonnement dans tout le Midi de la France, un chapitre lui est consacré.

Mais dés 1863, les Capucins de Toulouse sont sollicitéspar l'Église pour prendre la suite du travail missionnaire entrepris par le Cardinal Massaïa en Éthiopie. S'ils sont chassés par la conquète italienneen 1936, ils ne tarderont pas à trouver un nouveau champ d'apostolat en
Centrafrique et au Tchad.

Quelques uns d'entre eux y travaillent encore, aidés et progrressivement remplacés par de nombreux frères de plusieurs Province de l'Ordre.
Outre - mer vous y conduira.

... mais, il y a aussi, ceux qui nous ont quittés un peu trop vite, et qui sont encore bien présents, dans la mémoire de bien des toulousains :
les Pères Zacharie et Maurice Puech !

Ceux que TOULOUSE n'a pas oubliés


Retour au plan
www.Capucinstoulouse.com/index