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François
et Claire à l'écoute de la Parole Élus dans le Christ Premier jour |
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Dieu et son dessein dAmour sur moi Première
méditation: LE MYSTÉRE DE MON ÉLECTION DIVINE Deuxième
méditation: La VOCATION FRANCISCAINE Actualisation:LE
MYSTERE DE LA RÉPONSE À DIEU QUI CONTINUE
DAPPELER Intériorisation:
LE DIEU QUI NOUS APPELLE EST FIDÈLE (1 Co 1, 9) |
Première méditation
Le
Mystère de lélection divine
Lecture biblique :
Ephésiens 1, 3 - 14
Merci Seigneur pour mavoir façonné si merveilleusement (Si 139, 13-16).
Seigneur, accorde moi la grâce de voir ma vie comme tu la vois, et comme depuis toujours tu en avais fait le projet. Puis-je remonter au mystère de ton dessein créateur, un dessein damour. Toi Seigneur, tu aimes tous les êtres, et tu ne détestes rien de ce que tu as fait. Il est certain que si tu ne les aimais pas, tu ne les aurais pas créés. Comment pourrait subsister une chose, si tu ne le veux ? Comment se conserverait-elle si tu ne lui donnais dexister ? (Sag.11, 24s).
Mais au centre du projet créateur du Père et de son Fils fait homme, il y a Jésus Christ. Cest par Lui et pour Lui, que furent créées toutes les choses et que tout subsiste en Lui. (Col.1,16,24s).
Nous sommes peu habitués à nous voir nous mêmes et à voir toutes les choses comme un don de lamour du Créateur, un amour qui soutient et accompagne toutes les vicissitudes de lexistence, comme nous le chantons à travers le Psaume 139:
Seigneur, Tu me sondes et me connais;
que je me lève ou massoie tu le sais,
tu perces de loin mes pensées;
que je marche ou que je me couche, tu le sens
mes voies te sont toutes familières.....
Cest Toi qui ma formé les reins,
qui ma tissé au ventre de ma mère;
je te rends grâce pour tant de mystères:
prodige que je suis,
prodige que tes uvres...!
Tout était écrit sur ton livre:
tous mes jours étaient comptés
avant quun seul ait commencé à poindre...
François dAssise dans son regard de foi si limpide sut faire de sa pérégrination sur la terre une célébration permanente, à commencer par la réalité de Dieu: Tout puissant, Trés Saint, Très Haut et souverain Dieu, Père saint et juste, Seigneur, Roi du ciel et de la terre: pour toi-même nous te rendons grâces 1R 23,1). Même si nous navions rien reçu de cette suprême Bonté, le simple fait quelle ait voulu se révéler à la créature humaine, devrait être suffisant pour faire de notre existence un hommage de reconnaissance et de louange au Créateur.
À la suite, synthétisant lhistoire du salut, le Saint énumère toute la suite des bienfaits, fruit de lamour du Grand Aumônier (2C 77): "... la création de tous les êtres, uvre des trois Personnes divines, et en particulier, la formation de lhomme, créé à son image et ressemblance; son élévation au plan surnaturel au paradis, la chute, lincarnation du Fils de Dieu et sa naissance de la Vierge Marie, la rédemption. Et donnant par anticipation ses grâces lors de la seconde venue de ce même Fils, comme juge et rémunérateur à la fin des temps (1R 23, 2-4). Cest une dette damour contractée par lhomme comme Bien suprême, qui à tous, nous donna et nous donne intégralement le corps, lâme et la vie; qui nous a créés et nous a rachetés, et qui par sa seule miséricorde nous sauvera (1R 23, 8).
Les oraisons du Petit Pauvre débordent de gratitude pour le Bien suprême, célébrant non seulement le don de sa propre vie et de toute lhumanité mais aussi la propre vie de tous les êtres. Avec toutes les créatures, ses surs, il entonne son cantique de louange, gloire, honneur et toutes bénédictions au Très Haut et bon Seigneur.
Les longues et pénibles souffrances dont il fut accablé, ne réussirent pas à assombrir sa joie de vivre. Celui qui reçoit la vie et la santé comme un don, est prêt à accepter de la main de Dieu la maladie, et jusquà sa propre mort, cette mort que François reçoit en chantant: Bienvenue sois-tu ma sur la mort! (2C 217).
Claire, également avec une santé en ruine, due aux mortifications exagérées de sa jeunesse, écrivant à sa fille spirituelle Agnès de Prague, lui recommande de modérer laustérité quelle inflige à son corps, afin de louer le Seigneur avec toute sa vie et ainsi de lui offrir un sacrifice raisonnable (3LCL 38-41). Et à lheure de lultime rencontre avec lépoux, si Claire accueillit joyeusement sa sur la mort, elle ne cesse pour autant daimer le don de la vie : Je te bénis Seigneur pour mavoir créée!.. balbutie-telle dun filet, de voix à peine perceptible. La joie de vivre na aucune relation avec le plaisir sensible que la vie peut offrir. Cest lorsque lexistence présente est vécue en fonction de sa destinée future que la vie et la mort, la santé et la maladie sont estimées à leur juste valeur, et seulement à cette condition, cest cette guérison que François offre au frère infirme: Et je prie le frère malade de rendre grâces de tout au Créateur; tel que le Seigneur le veut, tel il désire être, bien portant ou malade, car tous ceux que Dieu a prédestinés à la vie éternelle, il les instruit par laiguillon des fléaux et des maladies et par lesprit de componction(1R10,3). On comprend que le Petit Pauvre refusa de demander la guérison et même la diminution de ses souffrances.
Élus dans le Christ
Nous voilà donc invités à nous élever au dessus de notre stature humaine, pour contempler notre destinée du point de vue de Dieu, avec le Christ comme centre de référence : Il nous a choisi dans le Christ, avant même la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables en sa présence (Eph.1, 4). Pour Dieu, il ny a pas de masse anonyme. Le Créateur ne fabrique pas en série; il met en action toute sa puissance et sagesse, et en tout premier lieu, son amour, dans le chef duvre de ses mains : la créature humaine.
Pour parler avec toute la rigueur théologique, il ny a pas de vocation purement humaine qui ne soit vocation chrétienne. Et Saint Paul ne cesse dénumérer les bienfaits résultant de cette élection divine dans le Christ : ladoption filiale, la rédemption, le pardon des péchés, la richesse de la grâce, la participation à la gloire et à la seigneurie du Christ, commencement de tout ce qui existe, et sachevant par le sceau de lEsprit Saint, garantie du futur héritage. De notre part tout cela doit sexprimer par une ineffable reconnaissance et dans ladoration du Père, qui nous a choisis par amour, pour nous livrer à la louange de sa gloire, même durant cette vie terrestre (Ep1,3-14).
François eut le courage dêtre chrétien, vivant avec simplicité et vérité sa vocation chrétienne. Attitude qui lui valut dêtre une figure extraordinaire de son temps, et aujourdhui même, il jouit dune sympathie universelle. Mais gardons-nous dopposer la vocation de frère mineur à la vocation commune des fidèles, étant donné quil sagit de la même chose: accepter sans restrictions de suivre le Christ. Dans les lépreux, François vénérait limage même du Christ souffrant, et il les appelait ses frères chrétiens (LP 64). Le rôle dun responsable de fraternité doit être de réussir à faire que les frères soient meilleurs chrétiens, selon les desseins du Seigneur, et non sur des critères humains (LMin 6-7). Les missionnaires qui veulent proposer la foi aux infidèles, doivent commencer par vivre entre eux en cohérence avec la foi quils proposent, et confesser quils sont chrétiens (1Reg 16,6).
Quand il se référait à Sur Claire, il la désignait assez souvent par cette expression:cette chrétienne, comme sil disait : Elle est une authentique chrétienne.
Celui qui suit le Christ, se sent uni à tous ceux qui désirent servir le Seigneur Dieu, dans la sainte Église catholique et apostolique, avec une très grande variété de degrés hiérarchiques, de formes de vie consacrée et de conditions sociales vécues par le peuple de Dieu, et avec tous les peuples de la terre, élus eux aussi dans le Christ (Cf.1Reg 23,7).
Le mystère de la vocation se réalise, si lon peut dire, en trois moments.
Le premier est lélection divine dans le Christ, dans cette heure perpétuelle quest léternité, et fait partie du projet global du Créateur. Avant la création du monde, jétais déjà présent dans son intention, dans sa sagesse, et surtout dans lamour du Bien suprême, avec mes singularités, mes qualités et mes limites, dans mon atmosphère familiale et sociale, engagé dans lenchaînement des circonstances qui étaient appelées à conditionner ma vie.
Le second moment intervient quand, dans le déroulement de mon existence, Dieu mappelle à prendre part à son projet à mon endroit : cest lappel ou VOCATION. Normalement, il se sert de stimulants naturels ou de médiations humaines qui encouragent à découvrir son propre dessein damour; ce nest que dans de très rares cas, que Dieu se fera connaître à travers une intervention surnaturelle.
Le troisième moment, décisif, est ma propre réponse à cette proposition de Dieu, en effet il nimpose jamais son projet et respecte toujours la liberté physique et morale de celui quil appelle. À une invitation damour doit correspondre une réponse damour, libre par conséquent. Si je me récuse ou si jhésite à répondre, Dieu pourra espérer une autre opportunité pour réaliser son dessein. Ce quil nadmet pas, cest que je menhardisse à changer ou modifier son projet et cela, selon mes goûts au gré de ma lâcheté.
La vocation
dAbraham,
prototype dune fidélité à toute épreuve
Il y a des vocations extraordinaires que Dieu suscite dune façon exceptionnelle. Elles se manifestent en des circonstances cruciales pour lhistoire du salut. Quand Dieu sintroduit dans la vie dune personne pour solliciter son oui à une destinée qui dépasse une perspective humaine normale, la mettant en présence dun destin inattendue, qui dépasse ses forces, seule la foi peut donner lassurance et les forces daller de lavant. La Bible nous présente un certain nombre daventures dans lesquelles Dieu lance ses élus.
Lexemple classique, dans lAncienne Alliance est celui dAbraham, le Père des croyants. Destiné par Dieu à devenir le patriarche du futur peuple élu, il a été mis en demeure dabandonner tous les recours de sécurité habituels: sa terre, sa patrie, sa ville natale dUr, prospère et bien organisée, la maison paternelle, la famille, tous ses biens. Par la foi, Abraham obéit à lappel de Dieu...et partit, sans savoir où il allait, commente la Lettre aux Hébreux (11, 8). Soutenu par sa seule foi, il se met en route à travers le désert, vivant sous la tente, tel un nomade, aujourdhui à un endroit, le lendemain dans un autre, sans demeure fixe, toujours désireux de réaliser la promesse divine. Mais les années sajoutent aux années, aussi bien pour lui que pour Sara son épouse, et peu à peu senvole lespoir dune nombreuse descendance promise. Malgré cela, contre toute espérance, Abraham continue à croire ( Ro 4, 18).
Finalement, naît le fils de la promesse, Isaac. Oui, maintenant pense Abraham, la promesse de Dieu va saccomplir. Le garçon grandit, jusquau jour où le père reçoit de Dieu lordre déconcertant de lui sacrifier ce fils unique, quil aime tant...Mais même en présence dune si dure épreuve, Abraham ne renonce pas à obéir et à croire. Et Dieu se déclare satisfait par cette victoire de la foi (cf. Gn 12,1-20; 15,1-21; 1-7;22,1-19; He11,8-19).
Marie, modèle de réponse à sa Vocation
Choisie dans le dessein de Dieu à la plus haute mission à laquelle une simple créature puisse prétendre - celle de servir dinstrument maternel pour permettre au Fils de Dieu de se faire homme - jamais lhumble jeune fille de Nazareth naurait pu imaginer, quen elle se réaliserait laction divine des Trois Personnes de la Trinité, comme le chante S.François :
Sainte Mère de Dieu, Marie, vierge transformée en temple, élue par le Très Saint Père du Ciel, consacrée par lui avec son très saint et très aimé Fils et avec lEsprit Saint Paraclet... (SVM 1,2).
À la voix de lange, Marie fut troublée, sans savoir expliquer le sens de cette salutation. Gabriel dut la tranquilliser: Naie pas peur, tu as trouvé grâce devant Dieu, comme sil lui disait : Dieu compte sur toi. Et il lui communiqua la teneur du message. Cest une provocation à la foi de Marie; il appartenait à lEsprit Saint de communiquer la fécondité maternelle à son sein virginal: Â Dieu, rien nest impossible. Et à linstant même, Marie se met à la disposition de Dieu: Voici la servante du Seigneur. Que se réalise en moi ce que tu viens de dire.
Cest ainsi que commence litinéraire de foi de Marie. Lange se retira dauprès delle (Lc 1, 38), la laissant seule devant une mission dont elle ne pouvait mesurer la portée. Dans ce cheminement de la foi, il lui appartiendra dêtre silencieuse, toujours en attente des évènements et des signes qui laident à découvrir le sillage de la trajectoire divine et lui indiquent quelle devra être sa participation. LÉvangéliste Luc nous montre les étapes de cette attente pacifique. La première grande surprise, et en même temps la grande épreuve pour la foi de Marie fut ce qui arriva dans la nuit avec la naissance de son fils dans la grotte de Bethléem: elle eut à dépasser le témoignage de ses yeux pour croire que ce nouveau né, en rien différent des autres, était bien le Fils du Très Haut, contrastant avec les apparences insignifiantes de cet enfant, le chant des anges et ladoration des bergers... LÉvangéliste précise: Marie consacrait toute son attention sur ces évènements et les méditait dans son cur(Luc 2, 19). Elle fixait dans sa mémoire et dans son cur tous les détails de cette scène, et se préparait à accueillir tous les autres signes du projet de Dieu.
Autre moment important pour elle fut lannonce du vieux Siméon sur lavenir de cet enfant appelé à devenir signe de contradiction, et sur le glaive qui transpercerait son cur de mère. Quand et comment tout cela allait-il se réaliser ? Moment également dur pour elle quand elle retrouva Jésus au Temple, alors quil avait douze ans - âge auquel, chez les Israélites lenfant passe de la tutelle de la mère à celle du père. La réponse de Jésus, retrouvé, laissa désorientés Joseph et Marie, qui ne comprirent pas le sens de ses paroles (Lc 2, 50). Après une telle déclaration de son fils, Marie a pu penser quelle avait achevé sa mission de mère. Mais sa surprise fut plus grande encore quand elle vit que Jésus revenait avec eux à Nazareth et continuait à leur obéir, comme auparavant. Et lÉvangéliste de préciser: Sa mère gardait tous ces évènements dans son cur, et voyait Jésus grandir en âge et en sagesse, agréable à Dieu et aux hommes.
Quelques années plus tard, Jésus inaugurait sa vie publique. Au cours des noces à Cana, Marie lentendit lui dire: Quest-ce que cela a à voir avec ma mission, mon heure nest pas encore venue (Jn 2,4). Et malgré cette réaction, Jésus commença ses signes par la médiation de sa Mère. Pendant la période de lannonce du Règne, Marie accepta de rester loin de son fils, attendant quarrive son heure. Et quand elle arriva, elle accourut, courageuse, pour achever, debout, près de la croix, sa mission de Mère du Rédempteur. Elle laccompagna mort à lensevelissement, soutenue par la foi dans la valeur de cette immolation suprême et par lespérance de le voir ressuscité.
Deuxième Méditation
LA VOCATION
FRANCISCAINE
Lecture biblique: Luc
10, 1 - 12
À lintérieur même de la vocation chrétienne en général, il y a un magnifique ensemble de vocations et de services qui la spécifient et lenrichissent. Cest le Christ lui-même qui a distribué cette pluralité de tâches destinées à réaliser le plan de Dieu, afin de permettre à la communauté des appelés, de parvenir à la plénitude de leur croissance dans le Christ mystique, dans lunité dune même foi (Ep. 4, 1-13).
Vatican II parle de trois vocations fondamentales à lintérieur de lÉglise. La plus commune est la vocation laïque, véritable vocation avec une destinée de croissance dans le Christ, à travers la sainteté de la vie, dans la réalité familiale, sociale, professionnelle, culturelle... Vient ensuite, la vocation ministérielle ou sacerdotale, nécessaire dans lÉglise pour répondre à la nécessité du service (diakonia ministerium), service du Christ et de la Communauté. Cest la hiérarchie, dans laquelle on entre par lappel de lÉglise et les sacrements respectifs.
La troisième vocation fondamentale est celle qui reçoit canoniquement le nom de vie consacrée : le chrétien appelé par Dieu à une consécration radicale, déjà reçue au baptême, transforme, par une profession, le simple engagement chrétien en une donation totale. Dans le déroulement de lhistoire apparut une admirable variété de familles religieuses, qui ont particulièrement contribué à ce que lÉglise ne soit pas seulement préparée à toutes les bonnes uvres et au ministère de lédification du Corps du Christ, mais quelle soit embellie aussi par la variété du don de ses fils...(Perfectae Caritatis 1)
Au milieu dune très grande variété de formes de vie consacrée et dinstituts religieux, chacun avec son esprit particulier et sa mission spécifique dans lÉglise, se détache la grande famille franciscaine, diversifiée à son tour dans une riche variété de charismes et de missions.
La Conversion-vocation de Saint François
Avec François dAssise commence une nouvelle étape dans lhistoire de la vie consacrée. Le Petit Pauvre neût jamais la prétention dêtre un novateur : il ne dénonça ni ne réforma rien. Tout commença à partir dune conversion, le recours adopté par Dieu quand il choisit quelquun comme instrument de ses plans.
En la personne du jeune fils du riche commerçant se développa un processus de déceptions humaines et de sollicitations divines qui préparèrent son climat intérieur; mais le moment décisif, comme il le rappelle dans son testament, fut lorsque le Seigneur le conduisit parmi les lépreux, et il les traita avec miséricorde. Ce fut là linitiative de Dieu, pure grâce divine. Par les sources biographiques, nous connaissons lépisode du baiser au lépreux et les effets qui ont suivi cette victoire sur lui-même. Il arriva à cette conclusion que, si jusquà ce moment il navait pas découvert en chaque pauvre ou malade un véritable frère, cest parce quil était enfermé dans ses péchés. Toutefois, quand il fut rempli de la miséricorde divine et séloigna du péché, par le fait davoir usé de miséricorde avec les lépreux, tout changea radicalement. Il fit lexpérience dune nouvelle appréciation des valeurs : Ce qui auparavant mavait paru amer- cest lui même qui parle - fut changé pour moi en douceur de lâme et du corps. Les lépreux demeuraient aussi répugnants que par le passé, celui qui avait changé, cétait bien lui.!
Ce trait de la vie de François, illustre parfaitement lenseignement de Jésus : ce qui est fait à un nécessiteux, cest à Jésus lui-même quon le fait (Mt 25, 31-46). Ayant découvert un frère en chaque lépreux, il était préparé pour la rencontre avec le Christ-frère, rencontre qui eut lieu alors qu il priait devant le crucifix de Saint Damien. François termine le compte-rendu de la première étape de sa conversion avec cette étrange affirmation: Peu de temps après je sortis du monde. Cependant, comme nous le savons, il ne partit dans aucun monastère, ni ne senfuit au désert, il se sentait seulement différent. Il était dans le monde, mais nétait plus du monde (cf.Jn 17, 11.14-16).
Il était converti. Conversion signifie exactement : changement de vie. Le converti voit clairement ce quil doit laisser derrière lui dans sa vie, ce qui na pas place dans la nouvelle échelle des valeurs, selon le plan de Dieu; mais, par ailleurs, lavenir reste dans lombre, et il nest pas possible de percevoir clairement ce que Dieu lui propose. Cest alors que surgit loraison spontanée du grand converti sur le chemin de Damas: Seigneur, que veux-tu que je fasse? (Ac 11,10). Depuis ce jour Paul aura, au centre de ses aspirations et comme unique centre dintérêt, lexpérience du Christ; tout le surplus est sans valeur, ordure...(cf Ph 3, 7-14).
François aussi fut confronté à cette attente angoissante, seul devant Dieu, sans aucune aide humaine: Il neut aucun directeur spirituel à qui se confier, il ne sassocia à aucun groupe de pénitents, alors quil y en avait beaucoup autour de lui. Personne ne menseigna ce que je devais faire, précise-t-il dans son Testament (T 14). Il pressentait que Dieu le voulait danscette solitude et obscurité. Et il suppliait Dieu devant le Crucifié :O Dieu très Haut et glorieux, illumine les ténèbres de mon cur! Cependant, chaque jour plus libéré de quelque nouvel empêchement, il expérimentait progressivement la victoire de lamour.
À Dieu seul il confiait ses saintes intentions. Il le suppliait dévotement de lui montrer le chemin à suivre et de lui enseigner à accomplir sa volonté. Il se livrait en lui même à une lutte très rude, et il ne trouvait pas la paix, anxieux de voir se réaliser ce à quoi son cur aspirait. Les unes après les autres, détranges pensées lenvahissaient avec une telle insistance quil en souffrait cruellement. À lintérieur brûlait un feu divin...Bien quil nait pour les vanités du passé et du présent aucun attrait, il nétait pas sûr de pouvoir leur résister à lavenir...(1C 6).
Tout lui devint plus clair le jour où à la Portioncule il entendit proclamer lévangile de la mission. Finalement il avait un idéal de vie à réaliser et à partager avec les autres, un message prophétique à porter au monde. Il apparaissait devant tous totalement différent de ce quil était auparavant, un homme nouveau (1C 23 -36.82).
Cependant, cette liberté conquise était assombrie dans le fond de sa conscience par la responsabilité de fondateur qui était désormais la sienne. Ce nétait encore que le commencement. Il allait avec ses premiers compagnons, par les chemins escarpés de Poggio Bustone, quand un jour - raconte son premier biographe - lui vint le désir de savoir ce que serait sa vie et celle des frères. Il se recueillit en prière et il vit devant Dieu sa vie passée, si mal employée; il invoquait la miséricorde de Dieu, redisant la prière du publicain: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! (Lc 18, 13). Il pensait encore que Dieu ne lui pardonnerait pas complètement.
Peu à peu, il sentit son cur inondé dune indicible joie et une immense suavité se répandait au plus intime de son âme; le ravissement commença, et disparurent alors les angoisses et les ténèbres qui sétaient comme épaissies dans son âme à la pensée troublante de ses anciens péchés, avec la certitude du pardon complet. Lassurance lui fut donnée quil pouvait se reposer sur la grâce. Puis il fut ravi en extase et comme absorbé tout entier dans une lumière où sélargissait le champ de sa vision, et il put contempler jusque dans le détail les évènements à venir. Quand cette lumière et cette suavité se retirèrent de lui, il se sentit un esprit entièrement neuf et il paraissait un tout autre homme.(1 C, 6)
La conversion-vocation de Sainte Claire
Dans un contexte familial et social différent, Claire de Favarone parcourut un itinéraire de pénitence, qui la poussa à découvrir le dessein de Dieu sur elle. Comme François, elle a voulu rendre compte de son itinéraire dans son Testament. La médiation humaine dont Dieu se servit, qui pour François avait été le lépreux fut pour elle, François lui-même. De toute manière il sagit dune authentique conversion.
Le très haut Père céleste, par sa miséricorde et sa grâce daigna milluminer le cur, pour que, suivant lexemple et les enseignements de notre bienheureux Père François, peu de temps après sa conversion, moi aussi jentrais en pénitence (TCL 24.25).
Contrairement à François, Claire ne parle pas des péchés de sa vie antérieure. cela eut été affectation, compte tenu de la limpidité de son enfance et de son adolescence. Mais elle reconnaît que Dieu la libéra des vanités du monde, cest-à-dire de cette ambiance de formalisme social et de ce souci de paraître qui conditionnaient sa vie, bien quelle se fut donnée aux uvres de piété et daide aux nécessiteux. Il y a donc une certaine coïncidence entre lexpérience initiale de sa conversion, comme lillumination du cur et loraison de Saint François devant le Crucifix: Illumine Seigneur les ténèbres de mon cur. Cest un concept purement biblique. Lillumination de lesprit, seulement pour soi-même vaudrait bien peu. Dieu illumine ce centre des sentiments et des options de la personne humaine quest son cur: Touche le cur, le purifie, le change et le renouvelle (SI 50, 12,19).
Enthousiasmée par les exhortations de François dans leurs rencontres secrètes, Claire souvrit sans réserve à lamour et à la suite de Jésus pauvre et crucifié. Cet idéal, dans lequel la petite plante va surpasser son guide et maître, avec un plus grand radicalisme lui est apparu comme une aventure si fascinante, quelle na pas hésité à mettre en péril sa réputation et celle de sa famille en senfuyant de la maison paternelle. Quelques années plus tard, ayant été informée de la décision de la princesse Agnès de Prague de suivre le Christ pauvre, renonçant au mariage avec lempereur et au faste de la Cour de Bohème, elle lui écrira pour se réjouir avec elle: Magnifique et stupéfiant marché: échanger le temporel pour léternel, acheter le céleste avec le terrestre, recevoir cent pour un et sassurer dune vie heureuse pour toujours ! (1 LCL 30).
Comme François, Claire parle aussi de linitiative de Dieu; mais davantage dinspiration divine dans la vocation, tant de la sienne propre que de celle des surs qui la reçoivent comme don du Seigneur (TCL 26; RCL 2,1;6,3). Elle a pleinement conscience de se sentir amoureusement rejointe par un dessein éternel, quavec précision théologique elle appelle élection-vocation:
Entre autres bienfaits que nous avons reçus et que nous recevons chaque jour de notre donateur, le Père des miséricordes, et pour lequel nous devons davantage rendre des actions de grâces au glorieux Père du Christ, il y a notre vocation, dont nous lui sommes dautant plus redevables quelle est plus parfaite et plus grande. Ce que souligne lApôtre: Reconnais ta vocation et élection. Le Fils de Dieu sest fait pour nous la voie, que par la parole et par lexemple nous a montré et enseigné notre très Bienheureux Père François, son amant passionné et imitateur.. ..Nous devons considérer, surs bien-aimées, les immenses bienfaits de Dieu qui nous ont été conférés, mais entre tous, ceux que Dieu a daigné opérer en nous, par son serviteur bien-aimé (cf.TCL 2-5;15s).
Après une brève expérience, la première à lhôtellerie des bénédictines de Bastia, et ensuite avec une communauté de vie plus simple à Saint Ange de Panzo - où elle fut rejointe par sa sur Agnès, qui avait également fui la demeure paternelle et par quelques amies de jeunesse - le groupe des surs pauvres vint vivre à Saint Damien, dans la suite héroïque du Christ dans une insécurité totale, soutenues par la seule certitude de lamour providentiel du Père du ciel. Ce fut un commencement dur, comme elle-même se souvient: ne manquèrent ni la pénurie, la fatigue, les tribulations, lignominie et le mépris de la part du monde. Mais tout cela constituait pour elles les plus merveilleux délices. En voyant ces résultats, François se réjouissait beaucoup dans le Seigneur et ébaucha pour elles une forme de vie très simple.
"En peu de temps ici, le Seigneur nous a multipliées grandement par sa miséricorde et sa grâce" conclut Claire.
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Actualisation
LE MYSTÈRE DE LA RÉPONSE À DIEU, QUI CONTINUE À APPELER
La vocation, aventure de la foi
Cest la conclusion à tirer des deux méditations précédentes. Comme personnes consacrées, nous devons nous élever à la perspective divine pour justifier le choix qui fut le nôtre. Paul VI, se référant concrètement au vu de chasteté perpétuelle, a écrit: Son ultime fondement doit être recherché dans la parole de Dieu, aux enseignements du Christ, à la vie de la Vierge Mère... (Ev Test 15). Il ny a aucune raison purement humaine qui justifie la vie consacrée avec les renonciations qui laccompagnent.
Jésus disait aux apôtres: Ce nest pas vous qui mavez choisi; cest moi qui vous ai choisis (Jn 15,16). La vocation pour le Royaume, quelle quelle soit, a comme origine le choix de Dieu. Les options purement humaines dépendent de la décision de chacun, conformément aux convenances et aux capacités personnelles. Raison pour lesquelles elles peuvent changer dans le déroulement dune vie, sans lier nécessairement toute lexistence. Un professionnel peut se limiter au strict exercice de sa profession, un religieux ou un prêtre est consacré pour toute la vie, et en tous lieux.
Le plus grand nombre de situations difficiles qui se rencontrent dans la vie des personnes consacrées, résulte de ce quelles ont perdu de vue la perspective de foi, pour en rester à un plan purement humain, où ne sont pris en compte que le paraitre et les intérêts personnels.
Cest la foi, cette grande vertu, qui avec lespérance oriente et soutient notre cheminement terrestre, elle a son origine et sa garantie en Dieu. Tu es notre foi ! Tu es notre espérance ! clame François dans ses Louanges à Dieu (LD,6). La foi nest pas un système de sécurité mentale ou morale destiné à éliminer doutes et incertitudes, elle nest pas davantage le fruit dun raisonnement, et on ny parvient pas au moyen de démonstrations scientifiquement vérifiables. Cest un don offert par Dieu, qui introduit lhomme dans cette aventure davoir à cheminer dans le mystère, et parfois sans aucuns soutiens ou appuis humains.
Lespérance, au même titre que la foi, ne trompe pas, parce que lamour de Dieu a été répandu dans nos curs par lEsprit Saint qui est un don de Dieu (Rm 5,5). Cest la triade inséparable des vertus appelées théologales, desquelles seule la charité subsistera dans la vie future, alors que la foi et lespérance cesseront dexister quand leur objet, Dieu lui-même, a été atteint en vision claire et en possession (cf. 1 Co 13,12s; 2 Co 5,7). Saint François du milieu de sa crise de converti, les invoquait toutes les trois: ...Illumine les ténèbres de mon cur, et donne-moi, la foi droite, lespérance certaine et la charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, pour que jaccomplisse ton commandement saint et véridique.
Le véritable croyant est toujours en attitude découte attentive et de recherche humble et confiante du salut qui vient de Dieu. Sans relativiser la vérité, nous devons nous garder de labsolutiser, restant en attente de nouvelles découvertes, cest le meilleur moyen de se protéger contre lerreur et la pétrification mentale. Cette recherche sereine, sans controverses ni anathèmes, guidée par la foi, et le magistère de lÉglise, enrichit le parcours du croyant en direction de la vie éternelle. Ce fut là la recherche de François, jusquà la fin de sa vie:
Engagé de toute son intelligence et de toute son âme, il cherchait la meilleure manière et le chemin le plus apte pour parvenir à une union toujours plus intime avec le Seigneur, selon ses inspirations et le bon plaisir de sa volonté. Là était pour lui le sommet de sa plus haute philosophie, tel était le suprême désir dont il brûla toute sa vie, et il demandait à tous, savants et illettrés, parfaits ou imparfaits, comment suivre la route de la vérité, et toucher au but le plus élevé possible(1C 91).
La conversion, chemin inévitable
Quand Dieu à travers son appel, sinsère sérieusement dans une existence humaine, il bouscule la vie et les projets de la personne appelée : Il la convertit. Ainsi avec Abraham, avec Moïse et tous les grands prophètes.
Cest ce qui arriva à Jésus et à chacun des douze, plus tard avec Saul, le persécuteur. Nous avons déjà médité sur la conscience de convertis qui dura tout au long de la vie de François et de Claire.
Cet aspect de la nécessité dune conversion continue nexiste pas toujours, si on na pas suffisamment pris en compte la formation initiale des candidats à la vie religieuse. On doit donner également une grande attention aux conditions daptitude, lintention droite, la maturité, lauthenticité des motivations, et encore à la connaissance des engagements inhérents à la profession, qui est un véritable exode. Tout cela est nécessaire. Mais on nen regardera pas moins les signes du processus de conversion; qui sans cela, surtout aujourdhui, feront que la réponse à lappel de Dieu ne sera, ni ferme, ni durable. Le jeune qui a accueilli, avec amour et volonté ferme, linvitation du Maître: Viens et suis-moi, doit comprendre que sa vie doit devenir un véritable exode. En effet cest un adieu définitif que le candidat doit faire à une mentalité mondaine et à une échelle de valeurs et danti-valeurs qui ne sinscrivent pas dans le projet évangélique de suivre le Christ, et cela jusquà expérimenter, comme François, que lamer devient douceur, et que, dune certaine manière, ce qui est doux finit par avoir une saveur amère.
Dans le contexte socioculturel daujourdhui, qui napprécie guère les engagements définitifs, la stabilité de la consécration à Dieu, la seule garantie pour cette requête de metanoia ou de conversion évangélique est cette volonté ferme de maintenir et de renouveler continuellement ce don total de soi-même avec la série de renoncements que cela exige: Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu: ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait...en fait, ce que Saint Paul exige de tout baptisé (Rm 12,2).
La conversion exige avant tout ce refus décisif et clair du péché dans sa propre vie, avec cette décision simple et humble de renouveler sa communion damour avec Dieu. Elle suppose un esprit de pénitence, la volonté dune purification continue et progressive de tout ce qui sinterpose entre Dieu et nous, de tout ce qui nous maintient agrippés à notre égoïsme et à nos habitudes, nous empêchant daller à la rencontre des autres pour leur rendre service.
Il ne suffit pas dêtre convaincu des valeurs de vie auxquelles nous avons adhéré et que nous avons embrassées. Si la conscience de notre consécration à Dieu ne passe pas de lesprit à la volonté, sous forme de décision personnalisée et dynamique, elle ne sert à rien. Et si, de la volonté, elle narrive pas au cur, lenvahissant et embrasant la zone affective de notre être, elle ne transforme pas notre volonté de suivre le Christ en adhésion dun amour préférentiel, nous restons exposés à céder à dinnombrables attractions ou diversions quoffre la vie daujourdhui.
Mais la conversion, même sincère, nest pas une confirmation assurée dans le bien. François lui-même se plaignait amèrement de certains frères qui, après avoir nourri de grands rêves, retombaient dans des ambitions vulgaires et terrestres et qui, tournant le dos aux véritables joies, sen allaient courrir la vanité et la frivolité sur les pelouses dune prétendue liberté. Il priait Dieu dévotement den délivrer ses fils et de les conserver dans la grâce quil leur avait donnée (1C 104).
Ils sont nombreux aujourdhui les obstacles qui menacent le religieux dans sa fidélité à lalliance quil a contractée lors de sa profession, la crise dite didentité étant la plus dangereuse de toutes. Elle survient habituellement quand les mobiles de la formation initiale perdent leur attirance de nouveauté, et la vie choisie, avec son rythme monotone, ses horizons limités, et ses résultats souvent décevants, cessent leur attirance, poussant le religieux à ne plus percevoir son identité et à se croire démotivé. Dés lors, ou bien il prend la décision de se délier des engagements pris et débuter une autre vie, ou encore ce qui est pire, il choisit de continuer, mais sans ferveur ni enthousiasme, dans une vie quil supporte sans lapprécier, avec des frères dont il ne partage plus lidéal. Parmi les sentences connues de frère Gilles, le troisième compagnon de François: Pour moi, je préférerai vivre dans le monde avec un dévot et ardent désir de la vie religieuse, plutôt que de vivre dans la vie religieuse en la détestant.
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Intériorisation
Bien des raisons nous font considérer la profession religieuse comme une sorte dalliance avec Dieu. Or quelque soit la forme quelle peut avoir, elle requiert la fidélité des deux parties.
Le peuple dIsraël avait célébré solennellement son alliance avec Yahvé. Très souvent, il fut infidèle à sa promesse; mais il y eut toujours lun ou lautre membre de ce peuple qui reconnaissait ses manquements, et se tournait à nouveau vers lui, pour reconnaître sincèrement ses fautes. LAlliance était renouée dans un amour dépousailles renouvelées ( Is 62,5).
La fidélité est un attribut divin, fréquemment affirmé dans la Bible, rappelé et répété de nombreuses fois par Saint Paul aux fidèles (1 Co 1,9; 1 Th 5,24; 2 Th 3,3). À Timothée son disciple de prédilection, Paul recommande la fidélité à la grâce reçue par limposition des mains. Il lui présente lexemple du Christ linvitant à mourir avec lui pour vivre avec lui. Et il termine disant : Si nous souffrons avec lui, avec lui nous règnerons. Si nous le renions, lui aussi nous reniera. Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même (2 Tm 2,12-13).
Cest devant ce Dieu, éternellement fidèle, et devant le Christ, témoin fidèle (Ap. 3,5), que je me présente aujourdhui, au terme dune alliance damour, accompagné de ma longue liste dinfidélités. Quel est celui qui peut se glorifier davoir été toujours fidèle ? Il ny a rien de plus consolant que cette certitude de savoir que celui qui ma choisi et ma appelé, continue, malgré tout, à compter sur moi, comme le jour de ma profession, dans la ferveur.
Il ne me censure pas pour avoir gaspillé tant de biens, tant doccasions. Comme il est réconfortant de savoir quil ne retire jamais les dons quil ma offert, ni lappel quil m a adressé un jour !.(Rm 11, 29). Dans mes craintes de perdre la vocation, cette vérité lumineuse ma toujours servi de soutien : de la part de Dieu une vocation ne cesse jamais: Celui qui un jour ma appelé, continue chaque jour de le faire, il ne renonce jamais à son dessein. Et quand instruit par lexpérience de ma fragilité, je reviens vers lui, il me tend la main pour maider à renouveler ma réponse.
Cest
lEsprit Saint rénovateur, lequel, selon lexpression
de François, par sa grâce et illumination répandue
dans nos curs, fait que dinfidèles que
nous sommes, nous devenions fidèles à Dieu (SVM). Dans les difficultés de la vie, tout
particulièrement quand lhorizon se couvre et que mes pas
hésitent, je peux faire mienne la supplique de François devant
limage du Crucifié, dans le processus de sa conversion:
O Dieu très Haut et Glorieux, illumine les ténèbres de mon cur, accorde moi une foi véritable, une espérance et un amour parfaits, Donne moi, Seigneur, un jugement droit et la connaissance, afin que je puisse assumer la tâche sacrée que dans la vérité, tu as bien voulu me confier
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ÉPILOGUE ET RÉVISION DE VIE
1 - Je dois prendre lhabitude de considérer ma vocation comme un dessein de Dieu, et à partir de là voir ma vocation dans une perspective divine. Prendre soin de ne pas en rester au plan purement humain et terrestre.
2 - Quelle que soit notre réponse au dessein de Dieu, cest une aventure de la foi. Ainsi lont entendu Abraham, Marie, François, Claire...
Aide-moi Seigneur à cheminer dans la foi. Illumine les difficultés de ma vie de consacré à la lumière de la foi . Augmente ma foi.
3 -Vocation et conversion sont deux grâces inséparables. Ai-je conscience de vivre un effort permanent de renouvellement ?
4 - Fidèle est Dieu qui ma appelé. Et moi ? Serai-je fidèle moi aussi? Ma vie est une suite dinfidélités; mais Toi, Seigneur, tu restes toujours fidèle, cest vrai, la fidélité est un attribut divin. Accorde moi un amour fidèle et constant, qui me me permette de surmonter mes insuffisences.
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